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30 mai 2006

Avant dissipation des brumes matinales

Alain Souchon raconte ses plages dt-galet01.jpge Belgique.

Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien
         
Elle est repartie
Un air lassé de reine alanguie
Sur la digue un petit point parti
Dans l'Audi de son mari
Ah ! son mari
         
Je chante un baiser
Je chante un baiser osé
Sur mes lèvres déposé

C'est une des chansons de Souchon que je préfère.

J'ai moi aussi un souvenir de plage en hiver, un galet tout rond, ou plus exactement, et c'est pour cela qu'il est si particulier, sphérique. Je l'ai conservé longtemps au fond de ma poche de jeans parce qu'il me rassurait. J'ai un jour réussi à le laisser à la maison, et depuis il traine, vit sa vie, je l'oublie presque. Et parfois, mes yeux tombent dessus, je souris, et je continue ma route.

25 mai 2006

Remuée

t-IMG_1967.JPGDominique A...

La première fois que j'ai entendu Dominique A, c'était à la sortie de Si je connais Harry. Ils étaient tous là, les copains de fac, autour d'une piscine privée, point de ralliement gentiment mis à disposition par la - fameuse - copine de droite.

C'était le temps où on ne flirtait pas s'il y avait des témoins. Les grandes discussions garçon-fille étaient philosophiques, celui qui parlait de cul était un attardé mental, on ne badinait pas avec l'amour, Depardieu martyrisait Rostand, et on n'avait pas compris que le copain "attardé mental" était au contraire un peu en avance sur nous.

La sensualité flottait encore un peu trop loin pour qu'on la reconnaisse, et on écoutait Dominique A. On était bien ensemble et mal dans nos peaux.

Nous dormions tous dans une même pièce, peut-être pour nous interdire toute intimité, toute caresse, tout couple entre nous, "ça aurait tout cassé". La micro-chaîne hifi faisait son mètre cube, elle passait le même disque toute la nuit, et nous somnolions en écoutant Dominique A. Il nous empêchait de dormir tout à fait.

Au matin, sans en être conscients, nous connaissions déjà le disque par cœur. Les enchaînements de chansons, les rythmes, les petites trouvailles orchestrales. On s’imprégnait de lui sans le savoir, peut-être est-ce pour cela que ses chansons nous paraissaient évidentes.

Je dis "nous", et je dis "on". Ce n'est peut-être que moi qui revis ainsi cette courte période de mes 18 ans. Mais j'ai envie d'imaginer qu'on s'en souviendrait tous de la même façon aujourd'hui.

Si je connais Harry, c'était un ovni.

Dès que j'ai eu un peu d'argent, j'ai acheté le disque, puis le précédent, La Fossette. Autre ovni et autres nuits à écouter en boucle ce monsieur inconnu.
Inconnu du grand public ? Tant pis, tant mieux, il était à moi ce chanteur, à moi et à quelques autres initiés, on le gardait pour nous.

Je ne comprenais pas toutes les paroles, j'avais l'impression d'écouter une langue étrangère. Mais ce qu'il chantait me berçait, me plaisait, me faisait pousser de longs soupirs. A cette époque, il me laissait deviner ce que je ne comprendrai que plus tard, plus vieille.

J'ai changé de ville, le petit groupe s'est éparpillé. J'ai même volontairement coupé des ponts. Et j'ai gardé Dominique A. Je l'ai imposé à quelques petits amis. Plus ou moins longtemps. J'ai eu peur à chaque sortie de nouvel album, peur d'être déçue. Mais ça n'est pas arrivé.

Hier soir, j'étais à la Cigale, pour le voir. J'avais acheté deux places, il y a quelques mois. Je me disais que peut-être, le 23 mai, j'aurai un accompagnateur intéressé par ma compagnie, et passionné de Dominique A. Ou vice-versa. Oui, j'espérais même un vice-versa. Et puis non, personne, personne d’évident. L'horizon est un peu brumeux ces temps-ci. Sauf pendant ce concert formidable.

00:14 Publié dans Jardin, Marais | Lien permanent | Commentaires (0)