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03 septembre 2006

Super contrôle

6571873_p.jpg- Bon, ton dimanche alors ?
- Mon dimanche... J'essaie de faire le point, mais avec les infos en fond sonore, universités de rentrée de l'UMP, du FN, Ségo en Lozère... Je me demande si je dois éteindre la radio. Parce que tenter de démêler mes impressions personnelles avec les discours de Sarkozy, Royal et Le Pen dans les oreilles, j'ai un peu de mal. Et j'oubliais Delanoë qui baptise une place JP II... Non, vraiment, je n'ai pas choisi le bon moment pour discuter avec toi. Ma tête tourne un peu là...
- Je comprends... Tu voulais me dire quoi en fait ?
- Ben j'voulais te parler de "Déjà vu", tu sais, les moments que tu penses avoir déjà vécus.
- Tu en as eu un ?
- Ouaip... Terrible...

- T'as décidé de ne pas m'en dire plus et de rester évasive, c'est ça ?
- Un peu ! Pfff, je sais pas...
- T'es chiante...
- Je t'accorde ce point.

- Bon. Alors, il se passe quoi ?
- ... Il se passe que je suis encore tombée sur un mec pas libre.
- Ah. Ouais. Ok...
- ...
- Il était bien ?
- ... Oui. Enfin, oui, il me semble que... Ouais, c'est dommage...
- Oula... J'entrevois une soirée super sympathique tu sais ! On va se regarder la téloche en mangeant des petits-suisses, et on dira plein de mal de Royal pendant les infos ! Ca peut être un bon programme non ?
- Mmm.

- Eh... Tu crois que je trouverai un mec bien ? Avant de devenir vieille et bête ?
- Un, je ne sais pas. Des tonnes, j'en suis sûre...
- J'aime pas quand tu réponds à coté comme ça ! Tu travailles tes réponses, t'es super "contrôle"...
- "super contrôle" ? C'est quoi ça ? C'est ta nouvelle expression ?
- Oui, c'est ça. Je te rassure, ça va me passer très vite. Ca y est, c'est passé.

19:59 Publié dans Marais | Lien permanent | Commentaires (0)

05 août 2006

La chair est triste, mais ne doit pas le rester.

5987948_p.jpgDans mes souvenirs, ce poème est sur mon bureau (d'ordinateur) depuis le dernier jeudi que j'ai passé avec J. 
Il en avait cité le premier vers, et nous avions cherché ensemble de quel auteur il était. Une lecture, un copié-collé rapide dans un .txt - pour plus tard.
C'est maintenant "plus tard". Peut-être parce que se mélangent le départ en vacances de demain et le léger spleen que m'a laissé le petit rendez-vous d'hier soir. Avec J.

Brise marine

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature!
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots!

Stéphane Mallarmé

 

photo piquée sur la galerie Completely Naked

18:41 Publié dans Marais | Lien permanent | Commentaires (0)