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31 août 2014

Impressions soleil venant

Je guette la frontière du sud, là où le ciel deviendra bleu. Nous avons quitté Paris décevant de gris. Viens, on descend, là où il fait chaud.

carte_meteo.jpgJe n’ai aucun repère géographique sur cette ligne de TGV. Je ne sais pas où je me réveille. Il n’y a que l’heure qui m’indique que je suis à 1h30 de Paris. Pas plus avancée sur ma position. Le ciel : bas et gris, encore. Mais feuilleté et aéré, différent de celui que j’ai quitté.

Où est-elle, la frontière du sud, celle des cartes météo ? pense la fille des rives de la Loire. Cette ligne luxueuse, un brin magique, qui promet chaleur, soleil, farniente, existe-t-elle ?

Je ne parviens pas à me localiser. Pas de réseau pour le GPS. Quand viendra le bleu (d’un coup d’un seul ?) je ne pourrai pas vous dire la ligne est ici, là, j’y suis.

La couche de nuages s’éclaircit du soleil qui la frappe. Pas encore translucide, plus tout à fait opaque. Le gris se blanchit de lumière et je devine un bleu caché. Des marées de nuages noirs résistent encore. Tu n’y es pas encore, ma fille, le sud, c’est pas nous.

Au fond, là-bas, la pellicule continue de fondre, le ciel pur va bientôt gagner. Et entre les deux, la frontière que je guette depuis mon réveil. Verrai-je l’ultime bande blanche ?

La lumière change, mes yeux se plissent. Une première travée de bleu s’est ouverte au-dessus de nous, le soleil dessine sa première ombre sur mon cahier. La ligne est proche, tout suggère la chaleur imminente. Un stratus fanfaronne, je sais qu’il capitulera bientôt.

La voilà, nous venons de passer la frontière, nous sommes de l’autre côté, au sud. Il a fallu une barre rocheuse, un tunnel, une ville, une rivière. Le ciel est encore chargé, mais la ligne était là, c’est une rive, un coteau. Je scrutais le ciel et c’est la terre qui porte sa trace.

Toujours pas de GPS. Quels indices à portée de vue pour identifier ma frontière terrestre ? La zone industrielle ressemble à une zone industrielle, puis les talus obstruent la vue, c’est où le sud, il commence ici, mais on est où ? Nous enjambons une autoroute chargée de futurs ex-vacanciers, un panneau indique la direction de Lyon, mais pas de distance.

 

Le grand soleil est arrivé ensuite, à quelques minutes de l’arrivée à destination. Mais jamais on ne franchit la frontière de nuages. Elle existe pourtant, je la vois derrière moi, elle ne se révèle qu'à distance. L’arc-en-ciel n’est pas différent.

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