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06 août 2014

Commencer. Continuer.

Tu sais ce qui est difficile ?

De me voir apparaitre à nouveau ?

D’avoir besoin de toi, oui. La tête reprend le dessus. Elle ne me laisse pas écrire tranquillement.

Je pensais que nos dernières discussions avaient réglé le problème.

« Réglé » ? Tu parles… Nous l’avions repoussé. Évacué le temps de voir ce que ça fait d’écrire pour soi ; le temps de me donner l’eau à la bouche, de rendre plus simple le fait de commencer des textes. Je sais à présent que j’aime y passer la journée, la soirée, la nuit. Mais nous n’avons pas « réglé » le problème. Nous nous sommes donné un peu d’élan, voilà tout.

Et de la confiance.

Parlons-en… Tu as vu comme elle est partie rapidement !

Tu as pourtant publié ici des textes que tu aimes bien, tu en as commencé pour toi-même, tu te réveilles avec l’envie d’allumer l’ordi, je te vois y penser à longueur de journée… Je ne crois pas à cette histoire de blocage.

Je n'arrive pas à continuer ce que j'ai commencé, c’est simple pourtant. Et ne me fais pas la leçon.

Tu m’as invoquée pour cela. Alors, tu en as fait quoi, de ta confiance ?

J’en ai laissé en chemin, par bribe. Un peu dans chaque livre lu ce dernier mois, un peu en discutant avec mes amis. Beaucoup en fanfaronnant sur le fait d’avoir commencé plein de textes, alors que c’est trois fois rien, autocentré, pas très réjouissant. Nombril en avant, Narcisse ce héros au sourire si doux, y'a que moi qui m’intéresse, et d’ailleurs je suis tellement intéressante que mes histoires vont passionner à la ronde.

Je te laisse continuer ou tu veux des bordures ?

Laisse-moi continuer un peu. Tu poseras des limites dans quelques lignes. Je vais en faire quoi, de mes débuts de textes… Histoire familiale, impressions personnelles, transcription de mes rêves et de mes angoisses. Super… C'est petit et étriqué.

Limites atteintes.

Non, attends, quitte à faire du grand du beau de l’original, j’ai aussi envie d’écrire le sentiment amoureux ! Hourra ! Qu’est-ce que c’est intéressant.... Tu vois, tout ça, c’est… Ce n’est pas ÉCRIVABLE.

Famille, Histoire, espoirs et névroses ; amour ! Tu viens de lister les thèmes d’une bonne partie de la production littéraire. Mais, Ô Princesse, serait-ce trop commun pour vous ? Tu es au-dessus de tout ça ? Tu vas trouver de nouveaux horizons à défricher, dès les premières tentatives ?

Je confesse rêver qu'une idée brillante arrive d'elle-même.

Tu te fourres le doigt dans l’œil. Ça ne marche pas comme ça. Et puis tu as le droit d'écrire du moyen, du basique, du un peu facile... Essaie plein de choses, de formes, de sujets.

C'est ce que j'arrivais à faire, et puis, ça a disparu. Avec les opérations des mains je crois.

On y arrive. Tu n'en parles pas de ces opérations, mais ce n'est pas anodin. Des mains bandées, handicapées pour quelques mois, alors que tu découvres l'envie d'écrire.

J'ai peur d'avoir fait disparaitre des douleurs pour m'en coltiner de nouvelles. Je n'avais pas pensé au temps de récupération, à l'impatience, à la frustration. Je n'ai entrevu les conséquences qu'une fois sur la table d'opération. Je suis novice en chirurgie autant qu'en écriture.

C’est faux, ça fait des années que tu rédiges des histoires, des idées. Des vies, même, des petites nouvelles de quelques pages.

C’était pour le boulot ça. Sans commande, je ne sais plus à quoi m’atteler, sauf à moi-même. Ça devient ridicule. La matière autre, celle qui parle des autres, c’est encore mystérieux. J’ai commencé une histoire, une vraie fiction. Ça m’effraie. Cette somme de boulot pour en tirer quelque chose…

Rien d’autre ?

Elle s’inspire d’un cauchemar, cette fiction.

Quel choix judicieux pour se donner l’envie d’écrire.

Ricane. J’avais envie, c’est tout… On en a terminé ?

Si tu veux, c’est toi la cheffe. Une dernière chose, peut-être.

Oui, Inspecteur Colombo ?

T’es bête… Dans les thèmes que tu as cités tout à l’heure, je m’attendais à en entendre un de plus.

La politique. Je sais. J’ai oublié.

Tu as encore besoin de calme, toi...

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