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05 août 2006

La chair est triste, mais ne doit pas le rester.

5987948_p.jpgDans mes souvenirs, ce poème est sur mon bureau (d'ordinateur) depuis le dernier jeudi que j'ai passé avec J. 
Il en avait cité le premier vers, et nous avions cherché ensemble de quel auteur il était. Une lecture, un copié-collé rapide dans un .txt - pour plus tard.
C'est maintenant "plus tard". Peut-être parce que se mélangent le départ en vacances de demain et le léger spleen que m'a laissé le petit rendez-vous d'hier soir. Avec J.

Brise marine

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature!
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots!

Stéphane Mallarmé

 

photo piquée sur la galerie Completely Naked

18:41 Publié dans Marais | Lien permanent | Commentaires (0)

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