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18 mai 2006

Décolleté militant

t-aleas.jpgJe pensais qu'il ne pourrait rien m'arriver sur le chemin qui va de l'appart' au métro. Trop court, trop proche, ce n'est pas un terrain d'aventure. Et pourtant j'y ai croisé un con. Hier matin. Catégorie 4+. Un vrai gros con. On dira que sur un axe aussi réduit, c'était finalement une aberration statistique de tomber sur un 4+.

Ce vrai gros con marmonnait dans mon dos. Je croyais entendre "sale négresse". Je souffle, je peste "ah non, je ne veux pas être témoin du racisme ordinaire, pas dès le matin, pitié...". Et le catégorie 4+ en rajoute une couche quelque part derrière moi "sale négresse, tout le monde voit tes seins". Je pense "Il parle tout seul le type, y'a personne autour." . Je pense aussi "J'ai un grand décolleté aujourd'hui...".

Finalement, je comprends que c'est contre moi qu'il vocifère, et que "sale négresse" est une insulte dont je suis la cible. A peine ai-je le temps de réfléchir sur le fait qu'on traite une toute blanche comme moi de négresse, et d'esquisser quelques conclusions socio-linguistiques, que mon gros con du matin me lance quelques "salope" en rafale et autres joyeusetés.

Et puis je me réveille – enfin –  et je lui crie dessus, je sors mon laïus énervé, féministe, antiraciste qui s'est terminé par un distingué "et les filles montrent leurs seins si elles veulent, bordel !" que j’ai hurlé.

Je me suis engouffrée dans la bouche de métro, un peu soulagée par mon coup de gueule. J'ai versé une larme, vexée de m'être faite insulter, et parce que j'étais en colère, très en colère...

En arrivant devant l'immeuble du bureau, j'ai croisé un groupe de trois techniciens télé. L'un d'eux m'a lancé un gentil " Vous êtes très jolie !". J'ai cru que j'allais le frapper.

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